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Max Gallo, un écrivain de tête et de cœur à l'Académie - Sébastien Lapaque, Le Figaro - 01 juin 2007. L'élection de Max Gallo à l'Académie française consacre un homme de travail et de conviction. |
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" Max Gallo, qui appartient à la jeune école historique française, a consacré l'essentiel de ses travaux à l'histoire du fascisme. Il a apporté d'importantes contributions à l'in-telligence du régime mussolinien et de l'Espagne franquiste. "
UNE PAGE par jour, mais une page tous les jours, c'était le rythme que s'imposait Frédéric Dard. Max Gallo, lui, c'est 4 000 mots par jour et 2 500 pages par an. Depuis 1964, année de la publication de son premier livre, cet agrégé d'histoire levé tous les matins avant l'aube écrit comme on mange et comme on respire, la nuit et le jour, sur des cahiers ou des carnets. En 1972, Le Cortège des vainqueurs, son premier roman, fut gratifié d'un beau succès de librairie. Plus tard, la Baie des Anges (1975), Que sont les siècles pour la mer (1977) et Une affaire intime (1979) furent un triomphe. En un peu plus de quatre décennies, le biographe à succès du général de Gaulle a ainsi publié une petite centaine de livres. Les Immortels avaient refusé de lui faire une place sous la Coupole en 2000, en même temps que Jean Raspail, autre écrivain de caractère injustement écarté. Depuis hier, ils ont accueilli Max Gallo parmi eux en l'élisant au fauteuil de Jean-François Revel.
Max Gallo incarne la permanence d'un genre populaire et narratif, qui pour n'avoir pas les honneurs de l'Université, n'en reste pas moins une extraordinaire machine à faire lire pour des millions de personnes. Tournant le dos à la nouvelle histoire, qui n'acceptait pas plus les grands hommes que la nouvelle cuisine n'approuvait la gourmandise, Max Gallo a publié une série de « vies illustres », mû par l'ambition de réconcilier les Français avec leur passé. « Même si j'ai été un moment influencé par le marxisme, nous confiait-il un jour, j'ai toujours pensé que les individus jouaient un rôle décisif dans l'Histoire. L'incarnation d'un destin collectif dans une personne est une des données capitales de la vie des hommes en société. Mon premier livre s'intitulait L'Italie de Mussolini, et non pas L'Italie fasciste. » Célébrer les héros des siècles passés Né à Nice le 7 janvier 1932, arrivé à Paris par la gare de Lyon en 1953, embauché comme contrôleur à l'ORTF, professeur de lycée puis d'université à Nice dans les années 1960-1970, député socialiste des Alpes-Maritimes en 1981, porte-parole du gouvernement Mauroy en 1983-1984, directeur de la rédaction du Matin de Paris en 1986, Max Gallo est un homme profondément attachant. La force de sa pensée, l'éclat de son honnêteté, la chaleur de son propos ont quelque chose d'inhabituel, et, dès lors, de souverain. À mi-chemin entre Jules Michelet et Alexandre Dumas, ce fils d'immigré italien devenu universitaire en suivant des cours du soir s'est attaché à redonner du sang, du souffle et de la couleur à l'Histoire de France en célébrant les héros des siècles passés. Après Robespierre, Hugo, Napoléon, De Gaulle, il y a eu les chrétiens, les poilus, les résistants, héros connus ou méconnus d'une suite de « romans d'histoire ». Leur auteur se présente volontiers comme un « vieux croyant » refusant de penser que la Maison France a désormais pour seule vocation d'être à la hauteur de ses parts de marché. En 1996, ce déçu du mitterrandisme l'a expliqué dans une forte tribune publiée dans Le Monde. « Je ne veux pas admettre la fin de l'histoire nationale. Je lis et célèbre Dante, Shakespeare et Goethe, mais je suis du côté de Chrétien de Troyes, de Corneille et de Diderot. Je ne veux pas d'une figuration "virtuelle" du passé national : je suis du côté de Sénanque et de Versailles, du côté de Jeanne et de Louis XIV, de Robespierre et de Napoléon, de Moulin et de De Gaulle. Et j'assume Thiers, Céline et Brasillach. Je ne souhaite pas que mon fils cherche du travail en mobil-home dans une Europe dont l'euro serait la seule identité. »
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