| La statue et la gloire de
Voltaire cachent l'homme de chair. C'est celui-là que Max Gallo
ranime. De sa naissance à sa mort, à 84 ans, à
une décennie de la Révolution, on voit surgir un homme
décidé à forger son destin jour après jour,
mot après mot.
Des milliers de vers, des dizaines de tragédies, essais, contes,
pamphlets, études historiques, et près de quarante mille
lettres, cette oeuvre, cette vie reflètent tout le XVIIIe siècle,
celui des Lumières, du parti philosophique, de la lutte pour
la tolérance, l'abolition de la torture.
Voltaire veut être le visage majeur de ce temps décisif.
« Moi, j'écris pour agir », dit-il. « Il faut
dans cette vie combattre jusqu'au dernier moment ».
Mais tout cela, immense, n'est rien encore. Max Gallo dévoile
les autres visages de Voltaire : ambition, habileté, prudence,
goût de la richesse. Impitoyable et méprisant. Grincheux
et souffreteux, mais capable de passion pour la « sublime Émilie
».
Homme de contradictions. Courtisan et courageux. Roué de coups
parce que roturier et jeté à deux reprises à la
Bastille, mais ne cédant pas. Plaçant la liberté
au-dessus de tout. Désireux d' "écraser l'Infâme
", l'Église, mais écrivant que « si Dieu n'existait
pas, il faudrait l'inventer ». Voyant « les hommes tels
qu'ils sont: des insectes se dévorant les uns les autres sur
un petit atome de boue », mais ajoutant « où est
l'amitié est la patrie »
Voltaire, éblouissant de vie, notre contemporain nécessaire.
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